États de Fête

Les yeux se croisent

Évanescents

Froissent les hauts

Trop bas, trop beaux

So bad, Soho.

Les courbes fondent

S’évanouissent

Les décibels couvrent

De si belles voix.

Les keums se toisent

La guerre des go’s

Les porcs s’en mêlent

Les corps se fondent

Les sorts se jettent

Les torts se font.

C’est la fête.

Les basses cognent.

Les cœurs chavirent.

Les regards mentent

Mieux que les mots.

On se choisit, on se consume

On se prête des lendemains

On s’invente des destins

Le temps d’un refrain.

Des promesses flottent

Sur les verres vides 

et lèvres pleines.

Tout semble si beau.

La fête bat son plein.

Le temps s’égraine

Mi-gris, migraine

Les fards s’éteignent

Si nuit, si ternes.

Le jour remet ses chiffres

Dans un monde qui se vit

À cent à l’heure

Dans un monde qui sévit

Du sang, des pleurs.

La fête est finie.

Pour toi maîtresse

Je mets les bouchées

Tantôt doubles, tantôt crèmes

Tantôt gourdes, tantôt reines.

Trois mois de nous, et des poussières.

T’étais à bout, j’étais à sec.

Un incendie, pas assez de bois.

Dans ce bal des ombres,

Sous les décombres,

Des éclats de voix 

De rires, de riens.

Est-on à bout de souffle, 

de force, de bras ?

Est-on au bout du film, 

de nous, de toi ?

Mille mots savants ne pourraient,

quoi qu’il advienne,

Percer la science d’un regard

qui valse devienne.

La fête me la doit.

Je pleure un coup, tu sèches tes larmes.

Y’a que du rouge, on fait semblant.

Autour d’un ver, d’une rime, d’un rien.

On s’est aimé. Un peu. Beaucoup.

À feu. À sang. Ou presque.

À 99,9 %.

C’était « sans ».

C’était « vain »

Je vois rouge, putain,

C’est pas ma faute

Je suis sans gain.

Tu es partie.

Et le silence

Lui, est resté.

Mes regrets coulent

dans un puits sans fin.

Impuissant. Fin.

Ce n’est que party remise.

Et les ruines savent danser.

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