Le croquis

Elle est renversée sur le sofa, en position chienne tête en bas.

Elle me sourit. La nuque offerte, les yeux mi-clos. Elle est si...

Un léger pincement tire de sa torpeur ma virilité engourdie. Instinctivement, je la cherche et la saisis du bout des doigts : ma…

_ _ _ _

Je la pose sur sa cheville, après avoir effleuré la plante de ses pieds, ferme. Des pieds qui savent où ils vont, comme ceux qui l’ont menée jusqu’à moi.

Et la voici qui remonte, indolente. Elle glisse, tremble et s’attarde, suivant la ligne de ses jambes lisses, si lisses qu’elle glisse inexorablement vers ses cuisses et…

Non. C’est trop tôt. Il reste tant de centimètres de peau à apprivoiser.

’essaie de reprendre le contrôle, mais mon sang afflue tel un raz-de-marée. Perdu dans cette houle de désir et ces durs remous, histoire de garder le cap, je m’agrippe à elle : ma…

_ I _ _


Mollo.

Je cherche un refuge où retomber la tension. Ses hanches.

Tendres, menues, mais fières. La forteresse du cœur consacré de son féminin. J’aime les serrer fermement quand…

Un frisson traverse l’air.

Soudain, un éclat de lumière attire mon regard. Je le reconnais, lui qui miroite mes envies quand je le triture du bout de la langue. Le bijou comme un chaste verrou orné à son nombril, tentative dérisoire de contenir la liberté d’une femme que rien ne retient. Elle est libre, les verrous le savent bien.

Autour, son ventre tonique s’incline en pente douce vers un abysse prêt à engloutir toute ma volonté.

Elle m’échappe des doigts : ma…

_ I _ E


Plus tard.

Jou(iss)ons encore.

Je contemple sa poitrine, bondée par une pose qui renverse sa tête, cambre son dos, tend ses seins. Cette tension ne cherche qu’à s’étendre à mon corps, en écho au sien.

Deux joyaux battent sur une poitrine impatiente, qui monte et descend au tempo haletant de son souffle... fragile ?

Non. C’est le souffle endémique de mes envies, qui enfle.

En apnée, je triture la dentelle qui les recouvre, faisant mine d’en soulever le tissu marquant la frontière entre ce qui se voit et ce qui se devine. Qu’importe, je l’enlève, impatient. Après tout c’est moi qui décide : j‘ai pris les choses en main.

Les voilà maintenant libérés. Fiers. Insolents.

Mes doigts glissent le long de son dos encré de fleurs japonaises, comme si elle se relevait d’une sieste innocente sous un sakura, un après-midi de mai.

Fleur par fleur, je remonte jusqu’à la crête de sa féminité : ses épaules. Frêles et fortes. Effrontées et délicates. Une caresse me sépare de son cou, palais des frissons, temple de ses soubresauts quand ma bouche s’y perd.

Je repense à ses lèvres contre mon oreille, à ses râles, ses éclats. Un timbre pur, sans filtre, comme l’eau frémissante d’un torrent qui dévale les pentes du plaisir. Un torrent qui résonne en moi, me traverse et m’électrise.

Merde, je ne la contrôle plus : ma…

_ I N E


Une mèche tombe sur son front, courte et rebelle. Je la repousse, hésitant entre la caresser ou la tirer tendrement, comme pour relancer un moteur. Le mien rugit déjà, dans un vrombissement sourd de huit-cents chevaux qui hennissent comme elle halète.

J’aime laisser ma main se perdre dans sa crinière.

Sous mes doigts, le lobe de son oreille se dessine. J’ai comme une envie de le mordiller. Je sais l’effet que ça lui fait : une onde sensuelle qui court le long de sa colonne avant de s’échouer entre ses reins.

Elle lit dans mes pensées, et la lueur de son sourire mutin irradie mes tempes.

Alors je la pose à la commissure de ses lèvres : ma…

M I N E


Je la croque, et c’est moi qui tremble.

Ma mine esquisse en trois traits son nez, sur lequel je voudrais tant frotter le mien. Le dessin prend ses formes, sur un Canson au grammage épais.

Dessine-moi un sapin.

Ça a commencé comme un jeu.

Puis j’ai croqué la vue plongeante depuis son balcon, quelques objets de son salon. Et, bien après, d’autres objets : ceux de mes désirs. Attisés par ses yeux. Tantôt incendiaires, tantôt tendres, toujours mystérieux.

Nos regards se croisent. Vifs. Ardents. Complices.

L’école est finie. Place à la récréation.

Alors je pose le crayon et…

Je la prends par cœur.


Une nouvelle érotique (ma première fois… dans ce registre). Regardez de plus près la photo: ce sont des œufs).

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